Dans la recherche continue d'amélioration et d'amélioration de la qualité de l'éducation, les indicateurs sont une partie indissociable, constituant ce qui, selon Fayol, est l'un des quatre piliers de l'administration : le contrôle. Après tout, sans mesure appropriée, il est impossible d'évaluer les effets des décisions prises et des politiques éducatives adoptées, rendant également impossible toute planification crédible, fondée sur des preuves et non sur des « conjectures ».

Mais la question est complexe et il n'y a pas de solution simple, car elle implique de nombreuses perspectives éducatives différentes, plusieurs facteurs impliqués, en plus des aspects régionaux, économiques et sociaux dont l'éducation ne peut être considérée isolément. Plus précisément dans l'enseignement supérieur, cette discussion vient d'il y a longtemps avec la remise en cause de la capacité réelle de mesurer la qualité de l'enseignement à partir d'indicateurs officiels produits par le ministère de l'Éducation, à travers l'Inep.

Ce débat s'est renforcé lorsque la Cour des comptes, par l'arrêt 1 175 de 2018, a entériné cette conclusion lors de l'audit des processus de réglementation et d'évaluation du MEC, déclarant  que le Concept de Cours Préliminaire (CPC) et le Concept de Cours (CC) « ne reflètent pas la qualité/l'excellence des cours supérieurs de premier cycle », constituant en pratique un simple « classement parmi les cours évalués ».

Les arguments sont devenus encore plus forts en décembre 2018, lorsque l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a conclu le rapport intitulé « Repenser l'assurance qualité pour l'enseignement supérieur au Brésil », en traduction libre), réclamé par MEC/Inep toujours en 2017. En ses 184 pages, le document remet ouvertement en question la validité de l'IGC (Index général des cours) et du CPC à des fins de mesure de la qualité, affirmant que « son pouvoir de discrimination entre les établissements est faible » et « ils n'introduisent pas de nouvelles informations sur les performances pour les établissements dirigeants".

Compte tenu de ces faits et d'autres, la CONAES (Commission nationale pour l'évaluation de l'enseignement supérieur) a décidé, lors d'une récente réunion, d'interrompre la diffusion de ces indicateurs, reconnaissant leur insuffisance aux fins pour lesquelles ils ont été proposés. Dans le même temps, il a laissé ouverte la possibilité d'une éventuelle reprise, et une nouvelle méthodologie a été développée qui permettrait de les améliorer suffisamment.

Si, d'une part, la décision est correcte, car elle élimine les injustices et les éventuelles interprétations erronées des résultats, d'autre part, elle révèle un vide important dans l'évaluation de la qualité de l'enseignement supérieur brésilien, à la fois dans son ensemble et dans termes de cours et d'institutions.  Et cela a un potentiel particulièrement néfaste dans le contexte actuel où l'Enseignement Supérieur est confronté à d'intenses dilemmes et questions, tant par rapport aux institutions publiques que privées.

Mais qu'en est-il d'Enade ? Oui, dans l'examen national de performance des étudiants, nous trouvons un bon indicateur des connaissances acquises par les étudiants tout au long de leur diplôme et, avec l'IDD, de la qualité des cours et des institutions respectives. Cependant, même ainsi, il ne suffit pas à répondre à tous les besoins d'évaluation et de régulation, ni à l'abri des critiques méthodologiques.

Malgré des décennies de dévouement intense et d'engagement sincère des chercheurs, spécialistes et techniciens du MEC et de l'Inep, il reste encore beaucoup à faire sur le sujet, avec un grand potentiel pour contribuer à la qualité de l'éducation brésilienne. Parfois, il faut faire un pas en arrière puis faire deux pas en avant.

JeanFrank TD Sartori

Gazeta do Povo, 01/2020

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Un nécessaire retour en arrière
évaluation de l'enseignement supérieur